Le diabéte gestationnel

Définition : le diabète gestationnel est une élévation, le plus souvent modérée de la glycémie, qui est diagnostiquée pour la première fois au cours d’une grossesse. Cela peut correspondre à deux situations différentes. Dans le premier cas, la femme enceinte chez qui l’on découvre ou l’on redécouvre un diabète, avait en réalité déjà un diabète de type 2, resté méconnu ou oublié jusque là, et qui est diagnostiqué pendant la grossesse (souvent lors du premier trimestre). L’anomalie glycémique persiste bien sûr après l’accouchement. Dans le deuxième cas, c’est le véritable diabète gestationnel : l’anomalie glycémique est révélée à l’occasion de la grossesse, souvent plus tardivement que le premier trimestre, avec un retour à la stricte normalité dès l’accouchement. Il existe également une troisième situation qui est la concomitance de l’apparition du diabète de type 1 et de la grossesse. Peu importe, la conduite à tenir pendant la grossesse est la même, quelle que soit la situation. Dans le diabète gestationnel « véritable », il n’y a pas de risque de malformation, car le trouble glycémique survient après la constitution des organes du bébé. Les risques sont une prise de poids excessive (macrosomie) du fœtus avec des risques traumatiques à la naissance pour le bébé et plus de césarienne pour la mère. Une hypoglycémie chez le nouveau né est possible à la naissance. Il n’y a pas de risque de diabète chez le bébé, mais un risque possible plus tard dans sa vie du à une hérédité familiale, risque évitable avec les mesures de prévention.

Selon les études, 10 à 15% des femmes françaises présentent un diabète gestationnel.Certaines femmes sont plus à risque de développer un diabète gestationnel : il suffit d’un des facteurs pour faire partie du groupe à risque.

  • âge supérieur à 40 ans
  • antécédents familiaux (premier degré) de diabète
  • obésité maternelle ou personnelle avec IMC>30 (poids en kg divisé par le carré de la taille exprimée en mètre)
  • antécédents de diabète gestationnel ou de trouble glycémique transitoire,
  • antécédents de macrosomie (gros bébé à la naissance)
  • macrosomie ou hydramnios (trop de liquide) à l’échographie

Dépistage du diabète gestationnel : il n’y a pas d’accord absolu entre les différentes équipes de diabétologues sur les modalités du dépistage, même si les différents point de vue des équipes spécialisées tendent à se rapprocher. Pour notre part, nous proposons le dépistage suivant :

1) Dosage au laboratoire de la glycémie à jeun et de la glycémie post-prandiale (90 minutes après le petit déjeuner) au premier trimestre, c’est à dire à la première consultation prénatale. Norme de la glycémie à jeun : inférieure à 92 mg/dl – Norme de la glycémie post-prandiale : inférieure à 110 mg/dl – Si l’un des deux chiffres est supérieur à la normale, le diagnostic est posé, il est inutile de demander d’autres tests.

2) à 24 semaines d’aménorrhée.

hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) rebaptisée charge avec 75 grammes de glucose (sans restreindre l’alimentation spontanée) avec 3 dosages (à jeun, 1 heure et 2 heures sans demander la recherche de glycosurie) : elle est pathologique si une seule valeur est au-dessus de la norme suivante : (à jeun : 92 mg/dl – 1h : 180 mg/dl – 2h : 153 mg/dl)

Que faire si le diagnostic est posé ? il faut :

– une alimentation équilibrée, avec des aliments à index glycémiques bas.L’apport en graisse sera d’autant plus restrictif qu’il existait un surpoids avant la grossesse ou une prise de poids importante au cours de la grossesse . Cette alimentation ne doit pas être trop restrictive compte tenu de la grossesse (ne pas descendre en dessous de 1700 calories par jour)

– une activité physique compatible avec la grossesse.

– une surveillance des glycémies capillaires à l’aide d’un lecteur de glycémie : L’objectif est de ne pas dépasser 95 mg/dl avant les repas, et 120 mg/dl après les repas

La plupart du temps, la planification alimentaire va normaliser complètement les glycémies. L’insuline est débutée dans 25% des cas, rapidement et même pour une période très courte (quelques jours avant l’accouchement), si les objectifs ne sont pas atteints. Les médicaments anti-diabétiques sont contre-indiqués et inefficaces.

Après l’accouchement, le risque de développer un véritable diabète est grand. Il faut inciter les femmes qui ont fait un diabète gestationnel à continuer une surveillance espacée de leur glycémies et plus encore, prendre les mesures préventives adéquates : activité physique significative et planification alimentaire tout au long de la vie. Tout non retour à un poids normal est un risque majeur de récidive du diabète gestationnel et de diabète permanent quelques années plus tard.

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