Hypoglycémie, hyperglycémie : que faire ?

Qu’est ce qu’une hypoglycémie ?

C’est une baisse anormale du taux de sucre dans le sang.

Pourquoi un diabétique ferait-il une hypoglycémie, alors que le diabète entraîne une hausse du taux de sucre dans le sang, qu’on appelle hyperglycémie ? En raison du traitement ! L’insuline ou les médicaments hypoglycémiants servent à abaisser le taux de sucre dans le sang, à ramener ce taux à la normale. Mais parfois ils peuvent dépasser leur but, agir trop fort et entraîner une baisse anormale du sucre dans le sang.

Dans le diabète de type 2 (sans insuline), les hypoglycémies ne peuvent être dues qu’aux médicaments hypoglycémiants type sulfamides hypoglycémiants. Il faut savoir qu’elles existent, surtout le soir vers 18 heures ou en cas d’efforts physiques importants. Ils est très facile de ne plus en faire en diminuant le traitement.

Dans le diabète de type 1 traité par insuline, vous n’obtiendrez un bon équilibre qu’au prix du risque d’augmentation des hypoglycémies. qui restent évitables grâce la rigueur thérapeutique et la surveillance glycémique. Elles sont exceptionnellement dangereuses mais peuvent être une gêne dans la vie de tous les jours. Elles sont souvent mal vécues. C’est la raison pour laquelle certains diabétiques préfèrent, à tort, rester en hyperglycémie ce qui ne gêne pas la vie quotidienne, mais qui est extrêmement néfaste à long terme en raison des complications qu’elle entraîne.

Que se passe-t-il quand le taux de sucre baisse ? Le cerveau, qui se nourrit presque exclusivement de glucose, est mis en alerte dès que le taux baisse. Il provoque un malaise, déclenche le besoin de s’alimenter et donne l’ordre au foie (là où est stocké le sucre – voir le chapitre qui explique le rôle de l’insuline) de libérer d’urgence du glucose dans la circulation sanguine. Cet ordre est donné par l’intermédiaire d’hormones comme le glucagon ou l’adrénaline.

A partir de quel niveau de glycémie parle-t-on d’hypoglycémie ? En réalité le seuil de déclenchement des réactions du cerveau est variable d’un individu à l’autre. Si vous êtes habitués à être constamment en hyperglycémie, le seuil peut être relativement haut et à l’inverse si vous faites régulièrement des hypoglycémies, vous allez abaisser rapidement ce seuil : on dit que l’hypoglycémie répétée désensibilise le cerveau. Les manifestations de l’hypoglycémie sont alors atténuées. Ceci est d’autant plus dangereux qu’il n’existe plus de signes annonciateurs et si la glycémie continue de descendre, on risque d’emblée le coma hypoglycémique, la perte de conscience brutale. Malgré tout, il est beaucoup plus important d’obtenir un bon équilibre de son diabète et d’apprendre à reconnaître ses hypoglycémies que, pour s’en protéger, de choisir de rester en hyperglycémie : le prix à payer en complications est très lourd (voir le chapitre « complications »)

Pour vous donner des repères, en cas de diabète traité par insuline ou par des médicaments hypoglycémiants : si vous ressentez des symptômes compatibles avec une hypoglycémie, vérifiez votre glycémie au bout du doigt avec votre lecteur : si vous trouvez un chiffre inférieur à 0,70 g/l, on peut parler d’une hypoglycémie. Si vous ne ressentez aucun symptôme, mais que votre lecteur affiche un chiffre inférieur à 0,50 g/l, alors il faut considérer que votre taux est trop bas et que vous êtes en hypoglycémie « non ressentie ».

Quels sont les signes de l’hypoglycémie ? Le mauvais fonctionnement du cerveau peut entraîner une multitude de signes : ils sont souvent les mêmes chez une personne donnée mais varient beaucoup d’une personne à l’autre. Citons : les troubles de la vue, la sensation de jambes «en coton», les vertiges, une fatigue soudaine, des bâillements, des gestes soudain imprécis, le sentiment de fonctionner au ralenti, des trous de mémoire, une sensation de perte de connaissance imminente, de froid, des picotements au niveau de la bouche, une gêne pour parler, un comportement bizarre… Les hormones donnant l’ordre au foie de libérer du glucose peuvent également entraîner des effets comme des palpitations, une accélération du cœur, des sueurs, une pâleur, des tremblements, une sensation de faim… L’hormone principalement responsable est l’adrénaline, la même qui s’élève en cas d’angoisse. Les patients reconnaissent en général facilement ces symptômes. Ils précèdent suffisamment à l’avance les signes de manque de glucose et permettent donc d’agir avant que la glycémie se soit beaucoup abaissée. Médicalement, ces signes avant-coureurs sont regroupés sous le terme de prodromes.

Rassurez-vous, vous apprendrez très vite quels sont vos symptômes d’hypoglycémie, les plus fréquents étant les prodromes comme les sueurs, les palpitations, les tremblements, la faim. Votre entourage saura également très vite quels sont les signes d’une hypoglycémie chez vous : la pâleur, un comportement légèrement différent, une attitude…

Que se passe t-il si vous faites un malaise hypoglycémique la nuit ? Sachez qu’ il est rare que l’hypoglycémie aille jusqu’à la perte de connaissance sans laisser le temps d’avaler du sucre, même pendant le sommeil, car dans l’immense majorité des cas les symptômes sont suffisamment puissants pour vous réveiller. Et même si le malaise devait entraîner une perte de connaissance, alors que vous êtes seuls, l’activation des hormones de re-sucrage par le foie conduirait toujours à la remontée de la glycémie, et à un retour de la conscience.

Vous avez des symptômes que vous connaissez bien et il est évident que vous faites un malaise hypoglycémique : alors prenez rapidement 3 morceaux de sucre, ou deux ou trois sachets de sucre. Il faut toujours en avoir sur vous : gardez quelques morceaux de sucre dans une petite boîte rangée dans votre poche, votre sac à main mais également sur votre lieu de travail, la boite à gants de votre voiture… Vous pouvez également récupérer le petit sachet de sucre en poudre qui vous sera fourni au café quand vous commanderez votre « expresso »!! Vous pouvez également vous re-sucrer avec d’autres sucres dits rapides comme un jus de fruit, du coca cola, des bonbons, une pâte de fruit, du « nutella » ou du miel… chacun a sa recette… En 5 à 10 minutes, les symptômes disparaissent. Il faudra ensuite consolider la correction de l’hypoglycémie en mangeant quelques glucides dits lents comme un morceau de pain ou des gâteaux secs.

La disparition des symptômes ne peut pas être instantanée, sauf en cas de correction de l’hypoglycémie par injection intra-veineuse de glucose, une situation non réalisable dans la vie quotidienne. Il faut donc apprendre la quantité nécessaire et suffisante de glucides pour corriger l’hypoglycémie. Il ne faut pas non plus trop se re-sucrer pour ne pas entraîner un rebond hyperglycémique qui peut durer plusieurs heures.

Si vous tenez à confirmer l’hypoglycémie, pratiquez la glycémie capillaire après le re-sucrage immédiat qui ne fait remonter la glycémie qu’après plusieurs minutes. En effet la pratique de la glycémie capillaire ne doit pas retarder ce re-sucrage.

Vous avez des symptômes inhabituels, vous ne savez pas très bien si c’est une hypoglycémie : alors vérifiez votre glycémie au bout du doigt avec votre lecteur de glycémie.

Vous n’avez pas de malaise mais vous trouvez un chiffre bas sur votre lecteur au moment d’un contrôle, par exemple un chiffre inférieur à 0,50 g/l. S’il est l’heure de manger, prenez vite le début du repas avec un glucide : un peu de féculent, du pain… Si vous avez une injection d’insuline rapide avant ce repas vous pouvez diminuer un peu la dose. De même si vous avez un comprimé de médicament hypoglycémiant à prendre, vous pouvez le couper en deux. Si vous n’êtes pas avant un repas, il faut quand même vous re-sucrer avec des glucides à action un peu plus lente, comme un fruit ou quelques carrés de chocolat, surtout au moment du coucher pour éviter une hypoglycémie nocturne

Vous êtes conscient, mais incapable de vous re-sucrer : que doit faire (et donc savoir) votre entourage ? Votre entourage doit vous faire avaler du sucre, par exemple en vous coinçant un morceau de sucre entre les dents et la joue, ou en vous faisant avaler une cuillère de miel… Ceci est parfois d’autant plus difficile que le refus de se re-sucrer peut être un signe d’hypoglycémie.

Vous êtes inconscient : que doit faire (et donc savoir) votre entourage ? :Votre entourage doit savoir vous injecter une ampoule de Glucagen. Mais attention, cela n’est valable qu’en cas de diabète traité à l’insuline. Il ne faut en aucun cas donner du sucre à un patient dans le coma en raison du risque dit de fausse route : passage des aliments dans les poumons au lieu de l’estomac.

Ce que vous devez savoir sur le Glucagen, et ce que vous devez apprendre à votre entourage à ce propos :

  • Le Glucagen se vend en pharmacie, mais vous vous rappelez qu’il s’agit d’une hormone fabriquée comme l’insuline par le pancréas, ce glucagon interne s’élève aussi en cas d’hypoglycémie pour libérer le glucose stocké dans le foie. Vous devez toujours avoir du Glucagen chez vous et si possible sur votre lieu de travail car son injection corrige l’hypoglycémie en 10 à 15 minutes. C’est « l’antidote magique » et ce n’est jamais dangereux..
  • Il se conserve dans le bas du réfrigérateur. Vérifiez la date de péremption pour le renouveler si besoin mais sachez que même périmé il est préférable de l’injecter quand même : vous verrez qu’il fonctionne très bien.
  • Avant de jeter les Glucagen périmés, servez vous en avec vos proches pour qu’ils apprennent à le préparer en suivant le mode d’emploi. Bien sûr sans vous l’injecter. S’étant ainsi exercés, ils sauront s’en servir le moment venu.
  • On peut l’injecter en intra-musculaire mais également en sous cutané comme une injection d’insuline : apprenez donc à votre entourage à faire une injection sous cutanée d’insuline. Ainsi il saura faire une injection sous cutanée de Glucagen si besoin.
  • Il n’est jamais dangereux de recevoir une injection de Glucagen : si par hasard votre entourage vous faisait une injection alors que vous n’êtes pas en hypoglycémie, il n’y a aucun effet spécial. Si vous êtes en hyperglycémie, le glucagon naturel interne est déjà très élevé et l’injection de Glucagen ne modifiera pas son niveau. Donc au moindre doute, si vous êtes inconscient, votre entourage doit faire cette injection, qui, même mal faite, n’est jamais dangereuse.
  • Le Glucagen agit en 10 à 15 minutes et dès que la glycémie remonte et que vous êtes réveillés,, on doit vous donner du sucre lent et rapide par la bouche pour consolider la correction de l’hypoglycémie, sinon la glycémie peut rapidement rebaisser
  • En cas d’échec, une deuxième injection est possible.
  • Il est vendu en kit prêt à l’emploi, il n’y a plus qu’à suivre le mode d’emploi avant l’injection pour mélanger la poudre au liquide :

Toute hypoglycémie a une cause qu’il faut rechercher pour éviter qu’elle ne se reproduise :

Vous êtes traité par des injections quotidiennes d’insuline et vous venez de faire une hypoglycémie, vous êtes maintenant à distance de l’hypoglycémie : vous devez analyser le pourquoi de cette hypoglycémie pour en tirer les conséquences dans le futur et éviter dans la mesure du possible leur répétition.

Que s’est-il passé pour aboutir à cette hypoglycémie ? Trop d’insuline ? Pas assez de glucides ? Trop d’exercice physique ?

Trop d’exercice physique ? Si vous avez effectué un exercice physique inhabituel, sans changer les doses d’insuline avant cet effort ou sans apport glucidique supplémentaire, alors il va falloir désormais suivre les règles suivantes :

Vous savez le matin au réveil que vous allez faire un effort inhabituel dans la journée, comme par exemple faire du sport, déménager des meubles, couper du bois ou toute autre activité physique intense : diminuez les doses d’insuline de l’injection qui précède cet effort. Par exemple, vous faites habituellement 8 unités d’insuline rapide avant le petit déjeuner, mais ce matin là vous allez faire un match de tennis, alors diminuez votre dose d’insuline rapide (de moitié par exemple).

Si l’effort n’était pas programmé, l’insuline est déjà faite : prenez au cours de l’effort des glucides supplémentaires comme par exemple des petits gâteaux secs.

Pas assez de glucides ? Vous avez fait votre dose habituelle d’insuline, mais vous avez mangé beaucoup moins de glucide qu’habituellement au repas, alors il n’est pas surprenant que vous ayez fait une hypoglycémie. A l’avenir, prenez une quantité suffisante de glucide, ne sautez pas votre repas, ne le retardez pas trop longtemps non plus. Avec les schémas »intensifiés » d’insuline qui comportent une insuline rapide juste avant les repas (insulino-thérapie fonctionnelle) vous pouvez adapter la dose d’insuline rapide en fonction des glucides prévus du repas (pas d’insuline si repas sauté puis tant d’unités d’insuline rapide par tranche de 10 grammes de glucides): si vous faites une hypoglycémie dans les 4 heures qui suivent votre repas, il faut revoir votre calcul d’insuline à la baisse.

Trop d’insuline ? S’il n’y pas eu d’efforts physiques inhabituels, pas d’erreur diététique vis à vis des glucides, alors la dose d’insuline qui a précédé l’hypoglycémie est peut-être devenue trop forte. :si les mêmes événements se reproduisent plusieurs fois aux mêmes horaires sans autre cause, il faudra diminuer la dose responsable de 2 unités. Pour savoir à quelle dose d’insuline correspond telle ou telle période de la journée.

Hyperglycémie :
j’ai un diabète traité sans insuline, que dois-je faire en cas d’hyperglycémie importante et soudaine?

Qu’est ce qu’une hyperglycémie ? C’est une hausse anormale du taux de sucre dans le sang.

Nous envisagerons dans ce chapitre l’hyperglycémie soudaine et inhabituelle chez un diabétique de type 2 connu, et qui était jusque là équilibré.

Vous avez donc un diabète connu, traité par régime, exercice physique et comprimés :

Dans quelles circonstances devez-vous vous demander si votre diabète est en train de déséquilibrer ? Vous devez être particulièrement vigilant si vous êtes malade : fièvre, grippe, diarrhée, bronchite, abcès dentaire ou toute autre maladie, incluant les maladies graves : accident cardiaque, plaie infectée du pied… Vous devez faire preuve également d’une grande vigilance si vous prenez un nouveau médicament à base de cortisone, même en infiltration.

Est ce que vous allez ressentir que votre glycémie s’élève ? Non, pas au début, mais si la glycémie monte très haut vous pouvez éprouver une soif intense, uriner souvent et abondamment, vous pouvez vous amaigrir rapidement sans savoir l’expliquer, vous pouvez aussi souffrir d’une très grande fatigue.

Quels examens devez-vous pratiquer dans ces circonstances ?

Si vous possédez un lecteur de glycémie, vous devez faire une glycémie au bout du doigt. Le diagnostic d’hyperglycémie inhabituelle est tout de suite fait car vous trouvez un chiffre à 300 ou 400 mg/dl.

Sinon, il faut appeler votre médecin pour faire des glycémies au laboratoire. La question se pose de vous procurer un appareil de contrôle des glycémies au bout du doigt, un lecteur de glycémie.

Si vous avez des bandelettes urinaires, elles vont confirmer la présence massive de sucre dans les urines. Etpour détecter la présence d’acétone dans les urines, c’est le moment de vous en servir !

Comment faire baisser cette glycémie que vous trouvez à plus de 350 mg/dl sur votre lecteur de glycémie?

Vous devez bien vous hydrater donc boire abondamment, de l’eau, des bouillons par exemple surtout si, en plus de vos symptômes, vous avez de la diarrhée. Si vous vomissez toutes les boissons, et si votre glycémie est très élevée, vous devez être hospitalisé

Si vous avez de l’insuline à votre disposition, c’est très simple : vous devez en faire. L’idéal serait d’avoir de l’insuline rapide mais si vous n’avez que de la lente ou un mélange cela fera également l’affaire. La quantité va dépendre des circonstances et le mieux est de vous faire piloter par votre médecin ou votre diabétologue que vous devez joindre très rapidement. Un minimum de 5 unités est requis (voir le cas concret ci-dessous). Bien sûr, vous allez surveiller votre glycémie très fréquemment dans la journée. Le prochain contrôle doit être fait au bout de deux heures, et les injections peuvent être répétées.

Si vous n’avez pas d’insuline à votre disposition : soit vous vous sentez relativement bien, alors faites très bien votre traitement, la diététique, l’exercice physique et augmentez vos médicaments sous contrôle de votre médecin ou de votre diabétologue, que vous devez joindre. Vous allez surveiller votre glycémie très fréquemment dans la journée avec un prochain contrôle deux heures plus tard. Soit vous ne vous sentez pas bien : dans ce cas, il faut envisager une hospitalisation, notamment si la maladie qui a déclenché le déséquilibre, est sévère.

La prévention reste le point le plus important : comment parer à toute éventuelle hyperglycémie ?

Vous devez posséder un lecteur de glycémie et vous en servir régulièrement, surtout dans les circonstances à risque que nous avons détaillées ci-dessus

Vous devez avoir un flacon de bandelettes urinaires (Ketodiabur ou Ketodiastix) : réclamez la prescription à votre médecin

Devez-vous avoir une boîte d’insuline rapide en secours dans le frigidaire ? C’est évidemment l’idéal, tout comme de posséder un extincteur chez soi. C’est extrêmement souhaitable si vous êtes sujet à des montées répétées de glycémie et c’est indispensable si l’on vous donne un traitement à base de cortisone, que ce soit en comprimés ou en infiltration. Se faire une insuline est très facile, et n’engage en rien l’avenir. La phrase tant entendue « si tu commences l’insuline, il faudra toujours en prendre » est une absurdité !

Un exemple concret : vous êtes traité par médicament pour votre diabète, et vous allez avoir une infiltration de cortisone. Est-ce interdit ? Quelles précautions devez vous prendre ?

C’est tout à fait possible mais vous devez savoir que votre diabète peut se déséquilibrer durant le mois qui suit l’infiltration. Achetez une boîte d’insuline rapide en stylo jetable (c’est plus pratique – voir le tableau des insulines) ainsi que des aiguilles adaptées au stylo. Vérifiez matin midi et soir tous les jours votre glycémie au bout du doigt. Faites de l’insuline rapide si vous trouvez un chiffre élevé : par exemple 5 unités au dessus de 300 mg/dl, 7 unités au dessus de 350 et 10 unités au dessus de 400. En fait, les quantités dépendent de votre poids et de différents facteurs. Parlez en à votre médecin ou votre diabétologue qui doit vous remettre des consignes claires. Les injections peuvent être répétées toutes les 2 heures.

J’ai de l’acétone dans les urines : signification ?
Quand dois-je faire cette recherche ? Comment la faire ? Que faire si je trouve de l’acétone ?

Qu’est ce que l’acétone ?

Relisez le chapitre qui explique comment le carburant de l’organisme, le glucose, est stocké dans le foie et redistribué aux cellules, tout cela grâce à l’insuline.

Relisez le chapitre qui explique pourquoi de l’acétone apparaît en cas de déficit en insuline.

Que signifie la présence d’acétone (ou corps cétoniques) chez le diabétique ?

L’hypoglycémie : pendant le temps de l’hypoglycémie, le « carburant glucose » se fait rare et les cellules utilisent les « carburants de secours », notamment les graisses de l’organisme. Ce phénomène est très bref, il dure quelques minutes, le temps de l’hypoglycémie. Il existe donc une petite production d’acétone qui vient de l’utilisation des graisses pour fabriquer du « carburant ». Cela n’a aucune conséquence, et cet acétone va disparaître très vite. Mais attention cela peut vous induire en erreur si vous voyez apparaître dans vos urines du matin quelques traces d’acétone ou une croix d’acétone : faites le point de la situation : vous vous portez bien, la glycémie est normale ou modérément élevée, la glycosurie quasi-nulle. Dans ces conditions, il Il n’y a rien de plus à faire, la présence d’acétone sans sucre dans les urines ne présente aucun danger.

L’ hyperglycémie, la carence en insuline :cette situation est totalement différente. Ici c’est l’organisme qui utilise un « carburant de secours » car l’insuline manque cruellement. Au secours je manque d’insuline ! crie le corps. Si rien n’est fait, la situation va évoluer vers l’acido-cétose qui va mettre en péril la vie du patient : dus à l’utilisation des « carburants de secours », beaucoup de déchets de ces carburants, que l’on appelle des corps cétoniques s’accumulent dans le sang. Ces corps cétoniques ont la particularité d’être de nature acide. Toute cette acidité va générer une « acidose » dans le sang. Celle-ci est très grave pour la vie. L’organisme va tenter d’éliminer ces déchets toxiques par les urines (acétonurie massive) et par voie respiratoire (accélération du rythme respiratoire avec impression d’essoufflement). Si une personne en arrive à ce stade, une hospitalisation en réanimation s’impose pour éviter une issue fatale.

Dans quelles circonstances devez-vous rechercher de l’acétone ? ou quand devez-vous vous demander si votre diabète est en train de se se déséquilibrer ? Vous devez être particulièrement vigilant si vous êtes malade : fièvre, grippe, diarrhée, bronchite, abcès dentaire ou toute autre maladie grave : accident cardiaque, plaie infectée du pied… Grande vigilance également en cas de prise d’un nouveau médicament à base de cortisone, même en infiltration. Si la glycémie monte, vous pouvez éprouver une soif intense, uriner souvent et abondamment, vous pouvez vous amaigrir rapidement sans savoir l’expliquer, vous pouvez aussi souffrir d’une très grande fatigue.. L’apparition de corps cétoniques va entraîner des nausées et vomissements, des douleurs abdominales et une odeur caractéristique de votre haleine.

Trois circonstances sont grandes pourvoyeuses d’acétone, et d’hospitalisation en réanimation pour acido-cétose : la découverte du diabète de type 1, l’arrêt de l’insuline qui entraîne une carence majeure en insuline, et enfin le fait de diminuer les doses d’insuline en cas de maladie sous prétexte que vous n’avez pas faim (relire le paragraphe « erreur à ne pas commettre » à propos du cas concret à la fin du chapitre hyperglycémie dans le diabète de type 1)

Si vous êtes traités par pompe à insuline, une brusque augmentation de vos glycémie doit vous faire rechercher tout de suite l’acetone. Il faudra également vérifiez le bon fonctionnement de la pompe, changez la tubulure et le cathéter…

Vous vous trouvez dans les circonstances décrites ci-dessus et vous ressentez les symptômes exposés dans le paragraphe précédent

Deux examens sont indispensables :

Vous devez faire une glycémie au bout du doigt : vous trouvez un chiffre élevé, mais pas obligatoirement très élevé. Entre 250 mg/dl et 400 mg/dl le plus souvent.

Vous devez rechercher de l’acétone dans les urines à l’aide d’une bandelette urinaire : même si votre glycémie n’est pas très haute, vous devez rechercher de l’acétone dans les urines à partir de 200 – 250 mg/dl . Vous trouvez beaucoup de sucre dans les urines et de l’acétone.

N.B. Vous pourriez rechercher l’acétone dans le sang, certains lecteurs de glycémie (Optium Xceed de chez Abbott) permettent de le faire. En théorie, cette mesure reflète plus précocement le déséquilibre, mais l’interprétation des données de ce lecteur est encore mal connue.

Que faire si vous trouvez une glycémie élevée avec acétone dans les urines? Glycémie > 250 mg/dl Glycosurie ++ ou +++ et acétonurie ++ ou +++

Votre organisme vous lance le message « au secours, je manque d’insuline ». Vous avez besoin d’eau, d’insuline et de glucides

Vous avez besoin d’eau : vous devez bien vous hydrater donc boire abondamment, de l’eau, des bouillons par exemple surtout si, en plus de vos symptômes, vous avez de la diarrhée. Si vous vomissez toutes les boissons, vous devez être hospitalisé.

Vous avez besoin d’insuline : si vous avez de l’insuline rapide à votre disposition, c’est très simple : vous devez vous en faire en plus de votre traitement habituel. Injectez-vous 5 à 10 unités d’insuline immédiatement. Si c’est l’heure de faire votre injection d’insuline habituelle, vous devez bien sûr la faire en y rajoutant 5 à 10 unités d’insuline rapide (si vous avez déjà une dose d’insuline rapide, il faudra donc augmenter cette dose de 5 à 10 unités). Choisissez plutôt 10 unités d’insuline rapide si votre glycémie est au-dessus de 350 mg/dl ou si votre dose quotidienne habituelle d’insuline est élevée (au dessus de 50 unités par jour) ou encore si vous avez le maximum d’acétone sur votre bandelette urinaire. Si vous n’avez pas d’insuline rapide, il faut aller en chercher immédiatement (le mieux est d’envoyer un de vos proches) une boîte chez votre pharmacien qui vous en fera l’avance : expliquez lui les circonstances et donnez lui le numéro de téléphone de votre médecin ou diabétologue.

Vous avez besoin de glucides : n’interrompez pas votre alimentation : prenez ce qui vous fait plaisir, ce qui va « passer » étant donné les nausées : du jus de fruit sucré, du coca-cola … des yaourts ou des compotes bien sucrés. Peu importe votre glycémie ! Il faut bloquer la production d’acétone par de l’insuline et des glucides. Vous aurez d’autant plus besoin de glucides que votre glycémie baissera. Si vous vomissez tous vos apports de glucide, vous devez aller à l’hôpital où une perfusion de glucosé vous apportera le sucre directement dans vos veines.

Soignez-vous : appelez votre médecin traitant pour qu’il vous examine et soigne la maladie qui entraîne ce déséquilibre, que vous ayez la grippe, l’angine ou la gastro … .

Joignez votre médecin ou diabétologue qui pourra vous aider.

Surveillez votre glycémie et vos urines toutes les 2 heures jusqu’à disparition de l’acétone : vous devez refaire 5 à 10 unités d’insuline toutes les 2 heures tant que persiste l’acétone, même si le sucre disparaît des urines. Il faut continuer alors l’hydratation et l’apport de glucides pour éviter que la glycémie ne descende trop bas. Si l’acétone diminue à zero, vous avez vaincu le déséquilibre. Vous devez arrêter les suppléments d’insuline rapide et continuer à faire les contrôles urinaires pour confirmer la guérison.

Continuez votre traitement d’insuline de tous les jours aux heures habituelles

Comment se préparer à une éventuelle hyperglycémie avec acétonurie ?

Vous devez posséder un lecteur de glycémie et vous en servir régulièrement, surtout dans les circonstances à risque que nous avons détaillées ci-dessus

Vous devez avoir un flacon de bandelettes urinaires (Ketodiabur ou Ketodiastix) : réclamez la prescription à votre médecin. Les bandelettes vous permettront de rechercher le sucre et l’acétone dans vos urines. Cette recherche est impérative dans les circonstances qui viennent d’être décrites, même si votre glycémie n’est pas très haute.

Devez-vous avoir une boîte d’insuline rapide en secours dans le frigidaire ? Si votre traitement comporte une insuline rapide, alors vous en avez tout le temps à votre disposition, mais si votre traitement n’en comporte pas, il est extrêmement souhaitable d’en avoir une boîte. C’est comme de posséder un extincteur chez soi!

Vous devez connaître ce chapitre et pouvoir joindre facilement votre diabétologue ou un service hospitalier qui connaît cette procédure

Un exemple concret : vous êtes traité par insuline, vous êtes correctement équilibré. Ce matin vous avez de la fièvre, vous avez soif, envie d’uriner plus que d’habitude : vous devez donc faire une glycémie capillaire et une recherche d’acétone dans les urines. Vous trouvez une glycémie à 250 mg/dl, une glycosurie importante avec acétone dans les urines (Sucre = ++++ , acétone = +++).

Faites donc de l’insuline rapide en plus : 10 unités en plus de votre traitement habituel (exemple :ce matin vous deviez faire 18 unités d’insuline lente type NPH : vous faites alors 18 unités de NPH + 10 unités d’insuline rapide).

Prenez des glucides juste après l’injection d’insuline rapide : soit vous consommez votre petit déjeuner habituel, soit, si vous avez des nausées, un yaourt sucré ou une compote sucrée ou des boissons sucrées.

Hydratez-vous : cela veut dire buvez abondamment.

Soignez-vous : appelez votre médecin traitant pour qu’il vous examine et soigne la maladie qui entraîne ce déséquilibre, que vous ayez la grippe, l’angine ou la gastro … .

Joignez votre diabétologue ou le service de diabétologie qui pourra vous aider.

Surveillez vous : faites dans deux heures une glycémie capillaire et une analyse d’urine (sucre et acétone). Si l’acétone reste à deux croix ou plus, refaites de l’insuline rapide tout en poursuivant les glucides et l’hydratation. Par exemple : deux heures après, votre glycémie est à 120 mg/dl avec dans les urines quatre croix de sucre (++++) et deux croix d’acétone (++). Faites alors à nouveau 10 unités d’insuline rapide. Il est impératif de manger et/ou boire des glucides (compote sucrée, yaourt sucré, jus de fruit, coca-cola) sinon vous allez faire une hypoglycémie.

Si vous aviez trouvé sucre = 0 et acétone = ++ avec glycémie à 120 mg/dl, la conduite à tenir serait la même.

Continuez à vous surveiller toutes les deux heures tant que vous trouvez de l’acétone dans les urines ou tant que vous êtes malade. A la disparition complète de l’acétone et de la maladie, vous devez confirmer ce résultat négatif par une dernière vérification quatre heures plus tard. Ce n’est qu’avec la négativation de l’acétonurie que l’on peut arrêter les suppléments d’insuline rapide. Si la glycosurie s’est négativée, alors que persiste de l’acétone dans les urines, vous devez continuer les injections d’insuline rapide et les apports de glucides.